Virbac, l’un des gros porteurs de la Côte avec plus de 1.400 salariés sur son seul site de Carros (6.500 dans le monde), a ralenti légèrement, gêné par un contexte monétaire défavorable. Le 6ème laboratoire vétérinaire mondial nous avait habitué ces dernières années à des croissances annuelles à deux chiffres. Si ce n’est pas le cas en 2025, sa croissance n’en reste pas moins solide : +7,9 % à périmètre et taux de change constants pour un chiffre d’affaires annuel de 1,465 milliard d’euros, selon les résultats publiés ce soir après la fermeture de la bourse. À taux de change réels, la croissance ressort cependant à +4,8 %, pénalisée par des effets de change particulièrement défavorables, notamment en Amérique latine, dans la zone IMEA et dans le Pacifique. (Photo DR : le siège de Virbac à Carros).
Les Etats-Unis devenus le premier moteur de croissance du groupe
La dynamique du groupe repose sur une performance équilibrée entre les deux grands segments d’activité. Une combinaison qui a bien joué en 2025. Les animaux de compagnie continuent de tirer la croissance avec une hausse de +10,9 %, portés par les gammes de petfood, de dermatologie, de spécialités et par le lancement d’innovations majeures comme Vikaly, présenté comme le premier aliment médicamenteux au monde. Le segment des animaux d’élevage progresse également mais un peu moins vite avec +6,1 %, soutenu par les vaccins, les antiparasitaires et les solutions nutritionnelles, notamment en réponse à des enjeux sanitaires comme l’épidémie de fièvre catarrhale ovine en Europe.
Sur le plan géographique, Virbac affiche des performances particulièrement remarquées aux États-Unis (+14,7 % à pcc, soit à périmètre comparable et à taux de change constants), devenus le premier moteur de croissance du groupe, ainsi qu’en Europe (+7,5 %), en Amérique latine (+7,5 %) et dans la zone IMEA (+9,5 %). L’Asie de l’Est enregistre une croissance plus modérée (+3,3 %), tandis que la zone Pacifique reste globalement stable sur l’année, malgré un net rebond au second semestre, notamment en Australie. Cette diversification géographique permet au groupe de compenser les cycles locaux et de lisser les effets de volatilité monétaire.
Un investissement massif dans l'outil industriel avec le projet Bio 5 à Carros
L’exercice 2025 a également été marqué par la poursuite de la stratégie de croissance externe ciblée, avec l’acquisition de Thyronorm, un traitement de référence de l’hyperthyroïdie féline. Ce produit de spécialité, qui génère environ 15 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, vient renforcer le portefeuille du groupe sur un segment à forte valeur ajoutée et devrait être relutif dès la première année, tant sur les ventes que sur la marge opérationnelle. En parallèle, Virbac continue d’investir massivement dans son outil industriel, notamment avec le projet Bio 5 à Carros, un site de 95 millions d’euros destiné à doubler à terme les capacités de production de vaccins pour animaux de compagnie.
Fort de cette base solide, le groupe aborde 2026 en confiance. Il anticipe une croissance du chiffre d’affaires comprise entre 5,5 % et 7,5 % à périmètre et change constants, intégrant l’impact de Thyronorm, et vise un résultat opérationnel courant ajusté autour de 17 %. Pour Paul Martingall, son nouveau directeur général arrivé en septembre 2025, cette trajectoire s’appuie sur “un niveau d’investissement record en R&D et dans les sites industriels”. Quant à l'impact direct des droits de douane américains, il est estimé à ce jour à environ 4 millions de dollars US en année pleine. Un impact entièrement intégré dans les perspectives 2026.