Le 16 mars, soit lundi prochain, le Conseil d’administration d’Université Côte d’Azur va faire voter une motion d’alerte grave, prévient FACE06, la Fédération des Associations et Corporations Étudiantes des Alpes-Maritimes. Ce vote, souligne-t-elle, marque une étape critique : l’Université n’a plus aujourd’hui les moyens financiers de fonctionner normalement. Et d’en tirer les conclusions. “Pour nous, étudiants, les conséquences seront directes. Ce sont nos conditions d’étude, nos parcours et notre accès à l’enseignement supérieur qui sont menacés”. (Photo DR).
FACE06 rappelle aussi pourquoi la situation financière de l’université azuréenne est si tendue. Depuis plusieurs années les financements publics ne suivent plus l’évolution des besoins. L’établissement doit désormais faire face à un déséquilibre budgétaire important : 5,4 millions d’euros de manque à gagner chaque année ; moins de financements de l’État qu’en 2013 ; des réserves financières qui pourraient être épuisées en moins de deux ans.
Cette situation a des conséquences directes pour les étudiants. Elles pourraient être très concrètes. “Dès la rentrée 2027, jusqu’à une place sur quatre pourrait disparaître. Certaines filières pourraient être supprimées, l’offre de formation réduite et l’accès à l’enseignement supérieur limité. Des lycéens de la région pourraient ainsi perdre l’accès à leur université de proximité, tandis que les étudiants actuellement en licence (L1 et L2) risquent de voir leur parcours fragilisé dans les années à venir.” FACE06 tient cependant à préciser que la situation ne résulte pas d’une mauvaise gestion et qu’UniCA reste une université performante malgré ces difficultés. A son crédit, elle a déjà réalisé 9 millions d’euros d’économies et génère plus de 30 % de ressources propres, tout en maintenant un haut niveau d’exigence académique et scientifique. L’Université figure d’ailleurs à la 254ᵉ place des universités européennes dans les classements internationaux.
Ce qui est demandé ? Pour l'association, les ambitions d’excellence, d’innovation, de transition écologique des universités ne peuvent être atteintes sans moyens à la hauteur. “L’enseignement supérieur public est un pilier de l’égalité des chances et du développement de nos territoires" rappelle-t-elle. "Le sous-financement actuel met directement en danger cette mission. Nous appelons l’État à financer réellement l’enseignement supérieur public et à donner aux universités les moyens de leurs missions. Car ce qui se joue aujourd’hui dépasse largement les murs de l’université. C’est le droit à étudier demain."