FACE06, l’association étudiante avait déjà tiré l’alarme la semaine dernière sur les difficultés financières de l’université en focalisant sur les conséquences directes pour les étudiants dont les conditions d’étude, les parcours et l’accès à l’enseignement supérieur sont menacés. Université Côte d’Azur hausse à son tour le ton et confirme les difficultés budgétaires rencontrées. Réuni lundi, son Conseil d’administration a voté une motion pour dénoncer l’insuffisance de la dotation de l’État, jugée incompatible avec le maintien durable de ses missions. En ligne de mire : une trajectoire budgétaire qui se dégrade d’année en année, malgré les performances de l’établissement en matière de formation, de recherche et d’innovation. (Photo DR).
L’université met en avant des chiffres qu’elle estime révélateurs. Sa dotation de fonctionnement est passée de 18,8 millions d’euros en 2013 à 17,6 millions en 2025. Une baisse qui, une fois corrigée de l’inflation, représente selon elle un manque à gagner de plus de 5,4 millions d’euros par an. Depuis 2022, plus de 10 millions d’euros de charges supplémentaires annuelles, liées notamment aux revalorisations salariales et à la hausse des coûts de fonctionnement, n’auraient pas été compensés par l’État.
Cette tension intervient alors même que l’établissement revendique une place de premier plan dans le paysage universitaire français. Université Côte d’Azur fait partie des neuf universités labellisées Initiative d’Excellence et bénéficie d’une forte capacité à lever des financements propres, qui représentent plus de 30 % de son budget. Mais malgré des efforts internes importants, évalués à plus de 9 millions d’euros sur les budgets 2025 et 2026, la direction estime que les marges d’ajustement sont désormais épuisées. Un audit de l’IGÉSR réalisé en 2025 chiffre en outre à 51 millions d’euros l’écart de dotation avec la moyenne des universités IdEx.
Dans sa motion, le Conseil d’administration avertit que cette fragilité budgétaire menace directement la qualité des formations, l’ambition de la recherche, mais aussi des services essentiels à la communauté universitaire, comme les bibliothèques, le numérique, l’accompagnement social ou médico-psychologique, et l’insertion professionnelle. Les comptes traduisent déjà cette pression : après un prélèvement de 4,3 millions d’euros sur le fonds de roulement en 2025, le budget prévisionnel 2026 prévoit un nouveau prélèvement de 8,2 millions.
Un message est aussi adressé directement à l'Etat : sans réinvestissement pérenne, l’université ne pourra plus absorber seule la hausse des charges sans dégrader le service rendu aux étudiants. Faute de réponse rapide, les instances annoncent qu’elles devront examiner une réduction des capacités d’accueil à partir de la rentrée 2027. Une perspective lourde de conséquences, que l’établissement présente comme le symptôme d’un sous-financement devenu structurel.