Un courrier de l'Icomos — bras technique de l'Unesco — daté du 5 juin 2025 et longtemps gardé sous silence par l'ancienne municipalité Estrosi vient d'être révélé par Nice-Matin : l'ensemble OcéaNice, construit à la hâte sur le port pour accueillir le Sommet mondial des océans de l'ONU, constitue une "atteinte réelle à la valeur universelle exceptionnelle" du bien classé. Rappelons que Nice figure depuis 2021 sur la prestigieuse liste du Patrimoine mondial de l'Unesco au titre de "Ville de villégiature d'hiver de Riviera". Si l'institution internationale avait toléré la construction à titre dérogatoire pour l'événement de juin 2025, elle entendait une disparition rapide des bâtiments à l'issue de la conférence. Or, l'ex-maire Christian Estrosi avait prévu de maintenir la structure au moins trois ans, voire jusqu'en 2030 pour les Jeux olympiques d'hiver — une perspective que l'Unesco avait fermement écartée, laissant planer la menace d'une remise en cause du label niçois lors de la session 2026 du Comité du patrimoine mondial.
Le changement de municipalité pourrait rebattre les cartes. Éric Ciotti, nouveau maître de Nice, avait dénoncé durant la campagne ce bâtiment préfabriqué à 23 millions d'euros, le qualifiant d'"horreur qui gâche la perspective". Depuis son installation à l'Hôtel de ville, il a confirmé son intention de lancer un nouveau projet, évoquant "une salle de prestige, comparable à celle des Étoiles à Monaco". Dans ce contexte, le directeur de la mission "Nice patrimoine mondial" lui a adressé, le 27 mars dernier, un courrier lui rappelant qu'une mission de conseil de l'Unesco devait se rendre sur place pour préciser le calendrier de démantèlement et les conditions de réaménagement du site. L'avenir d'OcéaNice semble donc scellé. Reste à en connaître le calendrier exact.