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Nice : cette “tête de cochon” qui empoisonne la fin de campagne municipale

Nice : cette “tête de cochon” qui empoisonne la fin de campagne municipale

À deux jours du premier tour du 15 mars, l’enquête autour du dépôt d’une tête de porc devant le domicile de Christian Estrosi brouille le débat local et ajoute une forte dose d’incertitude au scrutin.

À Nice, la campagne des municipales se termine sous haute tension et cela d’autant plus que le maire sortant, Christian Estrosi, candidat pour un 4ème mandat, se trouve distancé dans les sondages du 1er tour (41% Eric Ciotti et 30% Christian Estrosi notamment dans le sondage Elabe/Berger Levrault pour Nice-Matin, BFM TV et Le Figaro,du 27 février). L’incroyable affaire dite de la “tête de cochon”, déclenchée après la découverte, le 27 février, d’une tête de porc coupée, d’une affiche insultante et d’une étoile de David devant le domicile de Christian Estrosi, a pris en quelques jours une ampleur politique et judiciaire considérable. (Photo capture d’écran : Christian Estrosi et Eric Ciotti, lors du débat des municipales de Nice le  4 mars dernier sur Ici Côte d’Azur).

Aucune version définitive n'est encore établie par la justice

Dans un premier temps, l’affaire a été traitée comme un acte à caractère antisémite visant le maire de Nice. Deux ressortissants tunisiens ont été interpellés, mis en examen puis placés en détention provisoire, tandis que l’exploitation de la vidéosurveillance et des téléphones saisis a conduit les enquêteurs à élargir le périmètre de leurs investigations. France 3 Régions rappelait la semaine dernière que des contacts avaient été retrouvés entre l’un des suspects et une proche collaboratrice de Christian Estrosi, entendue comme témoin, ce qui a immédiatement fait naître des interrogations sur une possible manipulation en coulisses.

Le dossier a encore changé de dimension avec les nouvelles gardes à vue annoncées cette semaine. Selon le parquet, deux hommes ont été déférés aujourd’hui, vendredi 13 mars, devant les juges d’instruction. D’après les informations concordantes citées par l’AFP, il s’agit notamment d’un ancien policier de la DST reconverti en détective privé et d’un homme d’affaires présenté comme proche ou soutien de Christian Estrosi. Ce rebondissement a renforcé l’hypothèse d’une possible “barbouzerie” ou d’une instrumentalisation politique (lors des débats, Eric Ciotti a carrrément rappelé l'affaire de l'Observatoire avec François Mitterrand), même si, à ce stade, aucune version définitive n’est établie par la justice, tandis Christian Estrosi affirme avec force être la victime d’“une machination”.

Un effet politique déjà massif

Mais politiquement, l’effet est déjà massif. À deux jours du premier tour des municipales, dimanche 15 mars, l’affaire a saturé l’espace médiatique local et relégué au second plan les thèmes de fond de la campagne. L’AFP souligne qu’elle “empoisonne” directement la campagne de Christian Estrosi, engagé dans un duel très tendu avec Éric Ciotti. La séquence a d’abord suscité des condamnations unanimes, avant de basculer dans la guerre des récits, entre dénonciation d’un acte antisémite, thèse d’une tentative d’infiltration et soupçons de manipulation politique.

Quels effets peut avoir sur le vote cette affaire rocambolesque digne d’une série Netflix ? Plusieurs scénarios se dessinent. Elle peut d’abord resserrer une partie de l’électorat autour du maire sortant, chez ceux qui voient avant tout une attaque grave contre un élu et un épisode supplémentaire de brutalisation de la vie politique. Mais elle peut tout autant alimenter un soupçon généralisé, nourrir la défiance et renforcer le sentiment de confusion chez des électeurs modérés déjà lassés par une campagne très personnalisée. Dans ce climat, les listes alternatives risquent d’être davantage invisibilisées par un duel Estrosi-Ciotti transformé en affrontement quasi exclusivement politique et judiciaire.

Quel que soit cependant le résultat de dimanche, l’affaire de la “tête de cochon” laissera des traces. Parce qu’elle mêle symboles religieux, entourage politique, rumeurs d’officines et emballement médiatique, elle contribue à durcir encore un climat local déjà très polarisé. Et surtout, l’enquête n’est pas terminée et se poursuivra avant et après le vote : si de nouveaux éléments sortent dans les prochains jours ou les prochaines semaines, ils pourraient peser non seulement sur la lecture du scrutin du 15 mars, mais aussi sur le climat politique niçois bien au-delà de ce premier tour.

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