A moins d’un mois des municipales, Nice s’était interrogée sur le fait de ne pas avoir encore de sondage éclairant le duel Estrosi-Ciotti alors que la plupart des grandes villes disposaient déjà des premières projections. Ce n’est plus le cas depuis hier soir avec la publication sur le site de Politico du sondage Cluster 17. Un sondage dont on parle évidemment beaucoup aujourd’hui à Nice et dans les Alpes-Maritimes. Il fait mal au camp de Christian Estrosi qui ne semble plus assuré de remporter la bataille. (Photos DR : Christian Estrosi et Eric Ciotti, les deux frères devenus ennemis).
Publié en fin d’après-midi, ce sondage place Eric Ciotti, président de l’UDR, en tête au premier tour dans la course à la mairie de Nice avec 41% des voix contre 31% à Christian Estrosi, vice-président d’Horizons soutenu par Les Républicains. Dix points d’écart ! Pour mémoire, l’actuel maire de Nice avait obtenu 47,6% de voix au premier tour de 2020 marqué par une forte abstention, scrutin auquel ne participait pas Eric Ciotti .
Dans Politico, Jean-Yves Dormagen souligne que Christian Estrosi, "perdrait presque la moitié de ses électeurs des dernières municipales, parce que “comme au niveau national, une partie de l’électorat de droite traditionnelle bascule sur une offre plus à droite UDR-RN. Le phénomène est amplifié à Nice parce que c’est une ville très conservatrice.”
Dans ce premier sondage sur Nice, la gauche arrive en 3ème et 4ème position avec Juliette Chesnel-Le Roux (Ecologistes, PS, PCF) créditée de 12%, puis Mireille Damiano (LFI, Viva), avec 10%. Des scores qui, s’ils se confirmaient, leur laisseraient la possibilité de se maintenir au second tour. Viennent ensuite à 4% Cédric Vella (Reconquête), tandis que les quatre autres candidats restants représentent ensemble tout juste un peu plus de 2% : Hélène Granouillac (div. écolo), Estelle Jaquet (Lutte ouvrière), Jean-Claude Wahid Spach (Alternative viable éco-citoyenne) et Nathalie Dloussky (Ensemble pour la grandeur de la France).
Et le second tour à partir de ces résultats du sondage ? “Ciotti pourra donc compter sur la très grande majorité des électeurs RN (78%) et Reconquête (58%) aux européennes. Ce qui explique, au passage, la marginalisation du candidat zemmouriste, Cédric Vella, donné à 4%. Voilà pour le député maralpin une “réserve de voix sur sa droite” en vue du second tour, mais bien moins importante que celle dont pourrait bénéficier Christian Estrosi”, pointe Jean-Yves Dormagen, toujours sur Politico.
Le site laisse ainsi entrevoir une bataille incertaine au second tour dans le cas d’un duel, si tant est que les deux candidats de la gauche se désistaient où n'atteignaient pas les 10% au premier tour (les voix des électeurs de gauche se reportant sur Christian Estrosi). Mais la situation serait beaucoup plus compliquée pour le maire sortant dans le cas d’une triangulaire ou d’une quadrangulaire avec des candidats de gauche en course qui le priveraient d’une bonne partie du report de ces voix de gauche qui lui seraient impérativement nécessaire pour espérer un 4ème mandat.
- Voir l’article sur le site de Politico : “SONDAGE EXCLUSIF. A Nice, Eric Ciotti 10 points devant le sortant Christian Estrosi”
L’équipe de Christian Estrosi dénonce une “tentative de manipulation”Ce sondage évidemment vient plomber la dynamique de la candidature de Christian Estrosi. Dans un communiqué, l’équipe de campagne de Christian Estrosi dénonce “une tentative de manipulation qui ne trompera pas les Niçois !” L’équipe conteste vivement ce sondage réalisé par l’institut Cluster 17, qui, selon elle, est jugé peu fiable en raison de biais méthodologiques récurrents, d’importants écarts passés entre ses prévisions et les résultats électoraux réels, et d’enquêtes menées uniquement en ligne sur des échantillons restreints. Ce sondage, est-il noté, souligne également l’absence présumée de transmission dans les délais de la notice méthodologique obligatoire à la Commission nationale des sondages, ainsi que la présence de questions portant sur des sujets nationaux polarisants sans lien avec les compétences municipales. Estimant que ces éléments soulèvent de sérieuses interrogations sur la rigueur et l’intention de l’étude, les auteurs du communiqué annoncent saisir officiellement la Commission afin qu’elle vérifie la régularité, la méthodologie et le caractère non tendancieux du sondage. |