Quels refuges marins trouver pour les deux orques, Wikie (mère) et Keijo (fils), ainsi que pour les douze dauphins, qui restent bloqués dans les bassins de Marineland à Antibes ? Aucune solution satisfaisante, répondant au bien-être animal, n’a pour l’instant été avancée pour ces pensionnaires du zoo marin fermé depuis le début janvier 2025 suite à la loi du 30 novembre 2021 interdisant progressivement les spectacles de cétacés. (Photo DR).
Pour trouver une réponse, alors que les bassins des orques en particulier se dégradent dangereusement à Antibes, le gouvernement a tenu aujourd'hui lundi un premier comité de pilotage consacré à l’avenir des animaux encore présents sur le site. Autour de la table : l’exploitant, les représentants de l’État, des experts scientifiques, des associations, des élus locaux ainsi que des structures d’accueil potentielles. Une étape qualifiée “d’importante” par le ministère dans un dossier à forte sensibilité médiatique, environnementale et sociale.
Sous l’autorité de Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, l’examen des solutions a été qualifié de strict et encadré. Trois critères “non négociables” guident l’analyse : le respect du cadre légal issu de la loi de 2021, les garanties de bien-être et de sécurité des animaux, ainsi que la prise en compte de la situation des salariés et des territoires concernés. Les options ne répondant pas à ces exigences sont écartées.
Concernant les dauphins, les discussions avancent principalement autour d’un accord avec le ZooParc de Beauval, considéré à ce stade comme la solution la plus solide sur les plans juridique et technique. Par la signature d’une charte d’engagement, l’État participera activement au comité technique et scientifique mis en place, aux côtés des associations volontaires. Le dispositif prévoit également une priorité d’intégration pour les soigneurs de Marineland souhaitant accompagner leurs animaux, dans le cadre des besoins de recrutement du parc.
Pour les orques, l’analyse se poursuit entre deux pistes : le projet de sanctuaire marin porté par Whale Sanctuary Project en Nouvelle-Écosse (Canada), et l’option proposée par Loro Parque en Espagne. Faute de consensus à ce stade, les expertises scientifiques, sanitaires et juridiques se poursuivent. Mais, compte tenu de l’urgence de la situation, une décision définitive doit être arrêtée d’ici la fin du mois de mars 2026.
One Voice : “le choix incompréhensible d’un nouveau delphinarium”À l’issue de la réunion ministérielle du 16 février consacrée à l’avenir des cétacés de Marineland, l’association One Voice dénonce un "choix incompréhensible" : la création d’un nouveau delphinarium au ZooParc de Beauval. Selon elle, cette décision contredit l’esprit de la loi de 2021 et les engagements pris en 2020 en faveur de la fin des delphinariums au profit de sanctuaires. L’association juge également préoccupante la présence, lors de la réunion, de représentants financiers du propriétaire de Marineland, tandis qu’aucun soigneur ni spécialiste du bien-être animal n’aurait été convié. One Voice estime que la France prend ainsi le contrepied d’une tendance européenne marquée par la fermeture progressive des delphinariums. Elle critique aussi une charte présentée par Beauval, qui laisserait, selon elle, la porte ouverte à la reproduction des dauphins en captivité. L’association défend l’alternative des sanctuaires marins, citant notamment le projet de Tarente en Italie, qu’elle considère comme opérationnel et reproductible. Elle annonce enfin son intention de poursuivre la mobilisation nationale pour empêcher la création d’un nouvel établissement et promouvoir une solution jugée plus éthique. |