Éric Ciotti est désormais officiellement maire de Nice. Une page de la ville qui se tourne. Il a été élu ce matin lors d’un conseil municipal historique, signant la fin des 18 années de “règne” de Christian Estrosi. Ce dernier avait choisi de ne pas assoter à l’intronisation de son rival et il y avait une place vide à l’ouverture du conseil entre Eric Ciotti (UDR-RN) et Juliette Chesnel-Le Roux (Ecologistes, PS, PCF), deux des trois têtes de liste du second tour de dimanche dernier. Pour cette élection, pas une voix de son groupe n’a manqué à Eric Ciotti : il était seul candidat et a recueilli 52 voix sur 69 inscrits, soit la totalité des membres élus de sa liste. (Photo capture d’écran : Eric Ciotti reçoit l’écharpe de maire des mains de Franck Terrier, le héros au scooter de l’attentat de la promenade des Anglais le 14 juillet 2016).
Les premières priorités d'Eric Ciotti
Dans son premier discours, le nouveau maire, en présence de ses soutiens et amis politiques locaux (le président du Département Charles-Ange Ginésy et les parlementaires Laurent Castillo, Bernard Chaix et Christelle d’Intorni, le sénateur Henri Leroy), a présenté son accession à l’hôtel de ville comme “l’honneur de [sa] vie” et assuré dans un message rassembleur vouloir être “le maire de tous les Niçois”. Promettant une nouvelle phase de “respect”, de “dialogue” et de “bon sens”, il a affirmé plusieurs fois tout au long de la séance vouloir être “le maire de la réconciliation”, “un maire de terrain”, un “maire des solutions de bon sens”.
Sur le fond, Éric Ciotti a rappelé ses premières priorités, déjà largement dévoilées lors de la campagne. Il a placé la sécurité au premier rang, en annonçant vouloir renforcer rapidement les effectifs de la police municipale et en faisant de l’ordre public la condition d’un retour de la prospérité. Il a aussi promis d’annuler dès avril la hausse de la taxe foncière décidée en 2024, de lancer un vaste plan de rénovation des logements sociaux de Côte d’Azur Habitat, de remettre de l’ordre dans l’urbanisme de la Plaine du Var et de travailler à un partenariat stratégique renforcé avec Monaco et l’Italie. Côté culture, il a affirmé vouloir relancer un “nouveau théâtre” à Nice, tout en assurant que le 109 resterait un lieu d’expression et de liberté.
Le sens qu’il entend donner à sa fonction tient dans une formule : être à la fois un maire de terrain et un maire protecteur. Devant le conseil, il a insisté sur sa volonté d’“en finir avec une guerre d’ego”, de tourner la page des affrontements personnels et d’incarner un exécutif plus directement tourné vers la proximité, l’écoute et la protection des habitants. Cette tonalité très régalienne s’est aussi traduite dans son premier geste symbolique de la journée : un hommage aux Niçois morts pour la France, dans la continuité d’un discours centré sur l’autorité, la mémoire et l’attachement à l’identité niçoise.
Le nouvel exécutif municipal
Le nouvel exécutif municipal reflète cette ligne. La première adjointe est Françoise Souliman, ancienne préfète et ancienne sous-préfète des Alpes-Maritimes, à qui reviennent la sécurité, la prévention, l’aide aux victimes, l’administration générale et le patrimoine communal. Sa nomination confirme le poids accordé par Éric Ciotti aux questions d’ordre et d’expérience administrative. Autour d’elle, plusieurs délégations structurantes dessinent les équilibres de la nouvelle majorité : Pierre Ippolito aux entreprises, au commerce, au développement économique et à l’enseignement supérieur, Olivier Breuilly aux finances, Gaëlle Frontoni à l’éducation et à la jeunesse, Juliette Raffort à la santé, à la transformation numérique et à l’intelligence artificielle, Benoît Kandel aux sports, ou encore Denis Del Rio au tourisme et à l’événementiel.
Autre signal politique, Bernard Chaix ne devient pas adjoint mais prendra la présidence du groupe majoritaire au conseil municipal, préférant conserver son mandat de député. Quant à Jean-Pierre Rivère qui risquait l'inéligibilité en tant que président de l'OGCNice, il reste conseiller. Avec 26 adjoints, un exécutif étoffé et des priorités clairement affichées — sécurité, pouvoir d’achat, proximité, développement économique et identité niçoise — Éric Ciotti installe ainsi une équipe pensée pour imprimer rapidement sa marque sur la ville.
Reste désormais à traduire cette ligne politique en décisions concrètes dans une assemblée où l’opposition a déjà annoncé une vigilance maximale. “On sera là pour faire en sorte qu'il n'y ait pas d'abus de l'extrême droite”, a rappelé Juliette Chesnel-Le Roux.