Cannes : le Palais Vénitien trouve enfin preneur…à 105 M€
Projet né dans le faste des années 80, cette demeure de près de 3.000 m2 au sommet de la Croix des Gardes, inspirée des univers byzantin et vénitien, affiché jusqu’à 120 M a été tenue pendant longtemps pour un bien invendable. Elle vient de trouver acquéreur pour 105 M€.
C’est une propriété qui est restée longtemps sur le marché immobilier cannois du haut de gamme. A 120 M€, avec un style très particulier, le Palais Vénitien au sommet de la Croix des Gardes à Cannes n’était pas forcément facile à vendre, même s’il s’agissait d’un bien d’exception. Mais il a fini par trouver preneur en ce début d’avril pour une somme quand même très coquette de 105 M€. Selon le magazine “Challenge”, le promoteur, la société Cogemad, spécialisée dans les constructions et rénovations ultra-haut de gamme, a réussi à le vendre à un milliardaire indien (ancien résident britannique devenu résident monégasque) qui a notamment fait fortune dans les télécoms, transaction réalisée par l'agence cannoise Magrey & Sons. (Photo DR : une propriété d'exception).
La transaction la plus élevée jamais réalisée à Cannes
A ce niveau de prix, cette transaction, présentée comme la plus élevée jamais réalisée dans la ville marque un nouveau jalon dans l’histoire de l’immobilier haut de gamme à Cannes. Plus qu’une villa, cette demeure de près de 3.000 m² habitables, déployée au cœur d’un domaine paysager de plus de 2,4 hectares, s’impose évidemment comme un bien exceptionnel par ses dimensions, son architecture et ses prestations. Inspirée des univers byzantin et vénitien, la propriété réunit salons de réception monumentaux, suites résidentielles, piscine extérieure, court de tennis, lac écologique et terrasses spectaculaires dominant la baie de Cannes.
Un projet né dans le faste des années 1980
Il faut quand même rappeler que cette vente a été longue et douloureuse. L'histoire commence à la fin des années 1980, lorsque l'homme d'affaires saoudien Adil Khashoggi acquiert un vaste terrain de près de 27.000 m² surplombant la baie de Cannes et les îles de Lérins. Fasciné par l'architecture de la Renaissance italienne, il entend y faire édifier un palais d'inspiration vénitienne et byzantine, aux volumes monumentaux, sans équivalent sur la Côte d'Azur. Les travaux débutent en 1988. Ils s'interrompent brutalement en 1992 : une "erreur administrative" liée au coefficient d'occupation des sols remet en cause le permis de construire, et un arrêté municipal stoppe le chantier. Pendant près de sept ans, la silhouette inachevée du palais (sans fenêtres, sans finitions) domine le quartier de la Croix des Gardes, devenant l'une des curiosités les plus intrigantes du paysage cannois.
Une longue bataille juridique, puis l'achèvement
En 1999, le tribunal administratif donne raison au propriétaire, estimant que l'erreur incombait aux services instructeurs de la Ville. Le projet peut alors reprendre. C'est finalement Emad Khashoggi, fils d'Adil et promoteur spécialisé dans les demeures d'exception, qui mène le chantier à son terme via sa société Cogemad. Le Palais Vénitien est achevé à la fin des années 1990, puis complété au début des années 2010 par un vaste plan d'eau écologique, des jardins paysagers et l'ensemble des aménagements extérieurs.
Un bien longtemps invendable, puis une vente record
Mis sur le marché à plusieurs reprises depuis son achèvement (parfois affiché autour de 120 M€) le Palais Vénitien a longtemps cherché preneur, sans succès. Ce “long jeu de patience“, comme l'a qualifié la presse économique, s'est finalement conclu en ce début d’avril. Pour l’agence Magrey & sons, cette transaction s'impose d'emblée comme la plus élevée jamais réalisée à Cannes, devant celles du Château Soligny, cédé autour de 55 M€, de la villa Bagatelle (50 M€) et les quelques autres ventes d'exception qui jalonnent l'histoire dorée du marché immobilier cannois.