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CAC 40 : la féminisation progresse, mais le sommet reste verrouillé

CAC 40 : la féminisation progresse, mais le sommet reste verrouillé

L’Observatoire SKEMA 2026 confirme les avancées législatives… et les limites persistantes dans la gouvernance des grandes entreprises françaises. Si les conseils d’administration du CAC 40 affichent désormais 45,9 % de femmes – effet direct de la loi Copé-Zimmermann –, l’accès aux plus hautes fonctions exécutives reste marginal.

L’édition 2026 de l’Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises, est sorti. Depuis 2007, cet observatoire, fondé et dirigé par le professeur Michel Ferrary, chercheur affilié de l’école de commerce, suit les avancées des femmes dans la gouvernance des grandes entreprises françaises. L’occasion d’un constat contrasté sur la place des femmes dans les grandes entreprises françaises. (Photo DR : Christel Heydemann, directrice générale d’Orange).

L’accès au plus hautes fonctions exécutives reste marginal

Car si les conseils d’administration du CAC 40 affichent désormais 45,9 % de femmes – effet direct de la loi Copé-Zimmermann –, l’accès aux plus hautes fonctions exécutives reste marginal. Les femmes ne représentent que 7,5 % des 80 postes de président ou directeur général, et aucune ne cumule les fonctions de PDG. Seules deux présidentes de conseil d’administration (Angeles Garcia-Poveda et Barbara Dalibard sont présidentes du conseil d'administration et de surveillance de Legrand et de Michelin) et quatre directrices générales sont recensées (Catherine MacGregor, Christel Heydemann, Estelle Brachlianoff et Hinda Gharbi respectivement directrices générales d'Engie, Orange, Veolia et Bureau Veritas°. L’illustration d’une persistance d’un plafond de verre au sommet.  Cette année, l'Espagnole Belén Garijo a rejoint le club très fermé en succédant à Paul Hudson à la tête de Sanofi. 

Un tournant structurel observé

La loi Rixain commence toutefois à produire des effets mesurables : en 2025, les femmes représentent 28,81 % des membres des comités exécutifs, contre seulement 6,3 % en 2008. Sept entreprises – Accor, BNP Paribas, Kering, Engie, Publicis, Schneider Electric et Société Générale – respectent déjà les exigences cumulées des lois Copé-Zimmermann et Rixain. L’étude observe également un tournant structurel : la progression ne repose plus sur l’élargissement artificiel des comités exécutifs, mais sur un remplacement progressif d’hommes par des femmes.

Entreprises féminines, amazones, masculines ou machistes

En analysant la diversité des effectifs et l’inclusion au sommet, l’Observatoire identifie quatre modèles au sein du CAC 40 : les entreprises "féminines", où la promotion est cohérente avec le vivier interne ; les "amazones", très inclusives au sommet malgré un vivier masculin ; les "masculines ", dont la faible mixité reflète leur recrutement ; et enfin les "machistes", disposant d’un vivier féminin important sans l’ouvrir aux postes exécutifs. Le plafond de verre, bien qu’en recul – divisé par 2,5 depuis 2008 – demeure significatif avec un écart de 8,9 points entre vivier et comité exécutif.

Un lien tangible entre mixité et performance

Au-delà de l’égalité, le rapport met en évidence un lien tangible entre mixité et performance. Les entreprises les plus féminisées affichent une rentabilité opérationnelle plus de deux fois supérieure à celles qui le sont le moins, un risque d’investissement plus faible et une meilleure résilience en période de crise. Sur le plan ESG, la diversité apparaît également comme un facteur de crédibilité stratégique. “La féminisation ne peut se limiter aux sommets symboliques”, souligne Michel Ferrary.Elle doit irriguer l’ensemble de l’organisation pour produire des effets durables sur la performance et la création de valeur.”

Le Prix Citron à EssilorLuxottica et le Prix Orange à Vinci

L’étude est basée sur les données des rapports annuels publiés en 2025 par les 40 entreprises du CAC40 (comptes arrêtés au 1er janvier 2025). Quelques chiffres sont significatifs. Celui du nombre d’hommes dans les instances dirigeantes. En 2025, il a diminué dans les conseils d‘administration (-11) et dans les comités exécutifs (-10) du CAC40 alors que le nombre de femmes dans ces deux instances de gouvernance est resté stable 

A noter dans le CAC40, l'entreprise où le plafond de verre entre le vivier de talents de la population Ingénieurs & Cadres et le Comex est le plus épais et qui obtient le Prix Citron : EssilorLuxottica. Il compte 0 % de femme dans la plus haute instance de gouvernance exécutive et 50,47% de femmes Ingénieurs & Cadres (Epaisseur du plafond de verre: 50,47). 

A l'inverse, l’entreprise qui a le plus faible plafond de verre entre les 2 niveaux hiérarchiques est Vinci. Elle obtient le Prix Orange avec 21,43% de femmes au Comex (3) et 23,60% dans la population Ingénieurs & Cadres (Epaisseur du plafond de verre: 2,17). 

Le "plafond de verre" se trouve parfois aussi au détriment des hommes. Dans certaines entreprises les femmes sont surreprésentées au Comex par rapport à la population Ingénieurs & Cadres. Ainsi à la Société Générale : 54,55% de femmes au Comex et seulement 41% dans la population Ingénieurs & Cadres (Epaisseur du plafond de verre en défaveur des hommes: -13,55).

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